• Alexandre Thiot

  • 12Jan 22

Cuba : Regards sur La Havane de Franck Delorieux

L’Alliance Française de Cuba et la Casa Victor Hugo ont présenté durant les mois d’octobre et de novembre derniers (avec l’appui de l’Association Cuba Coopération) une exposition originale de Franck Delorieux : Regards sur La Havane. Cette manifestation réalisée à l’occasion du 70e anniversaire de l’institution et dans le cadre du 502e anniversaire de la fondation de la capitale cubaine, a réuni une cinquantaine de photographies en noir et blanc prises dans les quartiers d’El Vedado, de Centro Habana et de Habana vieja.

Rythme, respiration, profondeur, poésie : la moisson du photographe est riche et singulière. Son appréhension délicate est très personnelle. C’est tout d’abord l’architecture de la ville qui séduit Franck Delorieux, qu’il s’agisse de bâtiments coloniaux, de constructions néoclassiques, d’édifices art déco ou de réalisations contemporaines. C’est la proximité de ces architectures, les détails qu’il privilégie, la matière qui s’offrent au cadrage, le jeu des lignes et des volumes qui  traduit « en même temps que l’émotion ressentie devant elle, les raisons même de cette émotion » (Lucien Hervé). Pour Delorieux  en effet,  « l’arrête d’un mur, le cadre d’une fenêtre ou d’une porte, un toit plat ou incliné, un escalier ou une colonnade, une surface aveugle… offrent un grand champ de rêveries esthétiques. »

L’architecture d’une tour télescopique, les constructions d’immeubles d’habitations, une enfilade de tribunes, les murailles d’anciennes fortifications, des réverbères, des arcades, des vitraux, une verrière polychrome ou même la devanture d’une ancienne pharmacie, attirent en effet l’œil du photographe, sont autant de prétextes à de singulières compositions. Des éléments  formels très divers  qui disent la ville, révèlent ses résonances intimes. Mais ce sont aussi les matières qui offrent au photographe une palette immense,  des trésors visuels infinis. Tour à tour charbon, fusain, basalte et autres bois de l’ébénier, les noirs assurément y tiennent une large place. Les blancs quant à eux sont  discrets et les gris se chamaillent l’intensité.

Les personnes sont également présentes : enfants et adolescents dans le jaillissement  des vagues qui les couvrent et recouvrent leurs jeux au malecón,  jeunes garçons  qui dialoguent sur une terrasse du quartier d’el vedado, passants au détour d’une place et dont les chemins se croisent « emportés par la force présence invisible du vent. »

Quand les nuages font leur pelote dans le ciel couché tendrement sur la mer,  c’est un peu de la toile de la vie qui nous est offerte, d’étranges sensations qui s’assemblent et tout à coup nous rassemblent « tel un rythme qui respire ».

«À La Havane, les femmes, les hommes, les enfants, les murs, les toits, les rues, le ciel sourient, dit Delorieux. La Havane, entre un passé dont elle est fière et une modernité tout aussi riche, est une ville qui regorge d’une énergie qu’elle offre généreusement à ceux qui la visitent. La beauté de La Havane est solaire. »

Pour l’occasion, un ouvrage bilingue a été publié en France par les éditions Helvétius. Cette publication réunit l’ensemble des photographies de l’exposition. Elle est préfacée par M. Patrice Paoli, ambassadeur de France à Cuba et compte un texte et un long entretien avec le photographe  réalisé par le directeur général de l’Alliance Française à Cuba.

Exposition et ouvrage ont permis de faire connaître sur l’Ile un photographe extrêmement talentueux qui est également poète, romancier, essayiste et journaliste. On se rappelle son très beau livre intitulé La Fabrique des fleurs accompagné de gravures de Geneviève Asse (Galilée, 2013) ou son ouvrage de textes et photographies Le Rameau vert (Helvétius, 2017).

On pourrait citer également : Les Saisons, accompagné de dessins de Bernard Moninot (Gallimard, 2017) et son dernier ouvrage poétique Quercus, accompagné des dessins de Gianni Buratoni,  publié il y a quelques mois chez Gallimard.

Cette manifestation a permis de relancer l’activité culturelle de l’Alliance Française et de la Casa Victor Hugo après 9 mois de fermeture. Elle a fait l’objet de plusieurs articles et de  différents programmes cubains de radio. La revue Les lettres françaises lui a, quant à elle,  consacré une page dans sa dernière livraison. Une présentation virtuelle de l’exposition est également disponible sur le Facebook de l’Alliance.


*Source : Fondation des Alliances Françaises
Article écrit par Marc Sagaert, Directeur de l’Alliance Française à Cuba

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